Côte d’Ivoire: Petite réponse à Franklin Nyamsi, comment ce conseiller-plumitif se substitue à son patron

L’homme qui dirait tout haut, ce que Soro n’oserait pas dire
Monsieur Franklin Nyamsi a l’habitude de publier de longues tribunes (diatribes) qu’il qualifie d’« internationales ». Dans ses textes, il mélange politique, philosophie, littérature, histoire et leçons de grammaire. Tout ceci n’est pas bien grave. On pourrait montrer que cette accumulation de savoirs érudits mal maîtrisés ressemble beaucoup à ce que Gustave Flaubert dénonce dans « Bouvard et Pécuchet » : l’expression d’une bêtise incommensurable qui s’explique par la très haute opinion que Monsieur Nyamsi a de lui-même et son ego démesuré.
De Bouvard et Pécuchet, il a le comportement archiviste et il délivre par plaques des bouts d’érudition empruntés à des manuels scolaires. Un seul exemple : l’utilisation de Lévi-Strauss comme argument d’autorité au début de sa Tribune. Mais, a-t-il lu « Un Barbare en Asie » ? Non, ce n’est pas ce qui l’intéresse. Ce qui l’intéresse, c’est une construction métonymique : Lévi-Strauss dit « Le barbare, c’est celui qui croit à la barbarie. », moi, le grand Franklin Nyamsi, je pourrais dire « Les coupables, ce sont ceux qui crient spontanément au coupable ». Là où Lévi-Strauss affirme que toutes les civilisations se valent et qu’il n’existe pas de civilisations inférieures, Nyamsi dit « c’est celui qui dit qui l’est ». On voit que Monsieur Nyamsi qui veut que son univers univers médiatique, soit une cour de récréation d’élèves pour Professeur, s’y prend bien mal.Mais, encore une fois, rien de grave.
Rien de grave non plus dans l’accumulation des poncifs de l’écriture des discours politiques que pratique Franklin Nyamsi. L’argument est faible, voire inexistant, puisqu’il ne fait qu’accumuler les mots creux pour donner de l’épaisseur à son argumentaire : stratégie classique des plumitis peu inspirés.Un exemple : « Que nul ne se laisse enchanter par les sirènes faussement conciliantes de ces confiscateurs annoncés de la Res publica ! ».
Tout y passe, dans cette phrase, en termes de rhétorique, le « Que » en ouverture suivi du subjonctif pour une demande forte, le point d’exclamation indicateur de tonalité en clôture de phrase et l’implicite culturel (Ulysse et le chant des sirènes). Nyamsi, contrairement à Monsieur Jourdain qui fait de la prose sans le savoir, produit volontairement une rhétorique artificielle. Là encore, ce n’est pas grave.
Ce qui est grave, c’est que Franklin Nyamsi, investit de la fonction d’historiographe officiel de Soro, réécrit l’Histoire au profit de celui qu’il sert en distribuant les rôles, les bons (« la relève générationnelle ivoirienne ») et les méchants (ceux qui inventent « des crimes », suscitent « par miracle des criminels et donc des coupables à tout prix, afin d’organiser toute honte bue, des exécutions sommaires dans le champ politique ivoirien. »). On connaît maintenant les mécanismes de la rhétorique victimaire de Nyamsi.

Encore plus grave : Nyamsi s’exprime sans la moindre désapprobation connue de Monsieur Guillaume Soro. Le résultat : Guillaume Soro a presque disparu de la scène politique ivoirienne, alors que s’avance, dans la lumière, « l’illustre et l’immense » Franklin Nyamsi, qui distribue les bons et les mauvais points, en particulier dans l’affaire Soul to Soul, qu’il qualifie de règlement de comptes politiques : « le Chef de l’Exécutif a-t-il le droit d’emprisonner, au mépris du pouvoir judiciaire, un citoyen innocent, qu’il a auparavant employé à des tâches délicates liées au Secret Défense ? » . Pour Nyamsi, à la fois juge et procureur, Soul to Soul n’est pas « présumé innocent », c’est tout simplement « un citoyen innocent ». Un point, un trait ! Pour plusieurs observateurs, la justice, en arrêtant Soul to Soul, semble, au contraire, rendre service à Guillaume Soro, puisqu’elle lui permet de clarifier sa position sur la question des caches d’armes. Ce qui devrait réjouir l’hagiographe qui tente difficilement de nous convaincre que si Monsieur Soro, n’a pas pris le pouvoir par les armes face à Alassane Ouattara, alors qu’il en avait la possibilité, ce n’est pas maintenant qu’il le ferait , surtout qu’il n’a plus aucun moyen d’avoir légalement et légitimement ses armes.
Je ne vais pas reprendre la longue énumération des faits dont Nyamsi propose une lecture forcée. Deux remarques simplement : 1) Il s’installe dans le camp des démocrates et décide de qui peut faire partie de ce camp 2) Il multiplie les attaques contre le Premier ministre ivoirien , car il sait que le Président Alassane Ouattara ne sera pas candidat en 2020 ; et que son adversaire qu’il doit abattre est bien Amadou Gon Coulibaly, pour laisser son Soro ravir l’investiture du RDR, et s’imposer alors ensuite au Pdci , au mépris de l’alternance au profit du Pdci dont l’application rigoureuse et absolue, ne peut que ruiner des ambitions non encore exprimées courageusement et clairement, mais prêtées matin, midi et soir à Guillaume Soro, par sa « bande » et sa « gang ».Laissons Nyamsi Franklin à ses élucubrations.
Je souhaite, pour ma part, que Guillaume Soro reprenne en main son destin politique et s’inscrive dans une logique de propositions pour 2020. Les victoires « générationnelles » constatées dans le monde (Trudeau, Macron, Kurz) sont en réalité la victoire des idées que portent des candidats jeunes, que l’on soit d’accord ou non avec ces idées. Trudeau et Macron n’ont rien de commun avec l’autrichien Kurz. Parler de « candidature générationnelle », c’est rabaisser la stature de Guillaume Soro. Son âge suffit-il à justifier sa candidature en 2020 ? À 83 ans, le Président Bédié me semble jeune dans sa vision de la scène politique ivoirienne. N’a-t-il pas créé les conditions d’une stabilité politique en participant à la création du RHDP en 2005, puis, en 2010, en appelant à voter Alassane Ouattara au second tour de la présidentielle ? N’a-t-il pas voulu consolider encore plus cette stabilité politique avec l’Appel de Daoukro ? Ne tente-t-il pas de ramener Guillaume Soro dans le champ du débat démocratique, de le protéger ?
Pour finir, sur un mode plus léger, je voudrais :a) dire à Nyamsi qu’on ne dit pas « par contre », mais « En revanche : « Par contre, les silences coupables de… ». Dites plutôt, Monsieur le plumitif philosophe, « En revanche, les silences… ».b) Donner à lire la fin de la Tribune « internationale » : « Nous, compagnons de Guillaume Soro, croyons résolument en cette forme pacifique comme gage de l’éclosion d’une véritable civilisation démocratique en Côte d’Ivoire ! Telle est la nécessité et la voie de l’ère qui se profile dans les douleurs d’enfantement actuelles. En foi de quoi nous prévenons sur toutes les colonnes que nous répondrons à toutes les joutes dialectiques nécessaires à l’éclosion de la vérité, de la justice et de la prospérité enfin réellement partagées en Côte d’Ivoire. Et bien sûr, nous ne répondrons pas à n’importe quoi, par respect pour la noblesse immémoriale de l’acte réflexif de penser. Avis à tous ceux en qui la pensée politique est, depuis longtemps, soumise à une diète chronique de profondeur… ».
Aucun commentaire à faire sur cette enflure rhétorique, sur cette boursoufflure lyrique. Les textes de Nyamsi sont comme l’art baroque : la magnificence des façades et les décors de plâtre qui cachent des appartements vides. Il doit puiser son inspiration dans l’illusion comique de Corneille, Le Songe d’une Nuit d’été de Shakespeare et La Vie est un Songe de Calderon.Je conseille à Nyamsi de méditer ces vers de Calderon :
« Qu’est-ce que la vie? Un délire.Qu’est-ce donc la vie? Une illusion,Une ombre, une fiction.Le plus grand bien est peu de chose,Car toute la vie n’est qu’un songe,Et les songes rien que des songes. »
Justice Konan+22503754994

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