Tunisie – Bilan 2016 : Qui ose nous parler d’optimisme pour 2017 ?

Quitte à se faire passer pour des rabat-joie, ou pour des oiseaux de mauvaise augure, nous ne voyons, vraiment, pas, en ce début de 2017, ce qui pourrait bien motiver chez quelques uns les notes d’optimisme qu’ils ont bien voulu afficher pour notre enseigne. Car pour pouvoir prétendre être optimiste pour la  Tunisie en 2017, ou prétendre espérer que cette année sera la bonne, contrairement aux précédentes, il faudrait, d’abord essayer de faire le, douloureux, bilan de 2016, et dire ce qui va, bien, pouvoir changer sur la scène nationale, pour expliquer qu’il puisse y avoir un espoir de changement dans les résultats. Car il serait, à la limite, « déplacé » de prétendre reprendre la même situation, procéder aux mêmes actions en s’appuyant sur les mêmes personnes, et attendre des résultats différents !Ainsi, un  rapide coup d’œil dans le rétroviseur pour évaluer, un peu ce qui a été réalisé en 2016, va nous permettre de nous rendre à l‘évidence que nous avons foiré sur tous les plans :Sur le plan politique, l’année 2016 restera dans les esprits des tunisiens, comme celle de tous les désespoirs en toute la classe qui se prétend politique et qui est venue parasiter notre paysage national. Le tunisien ne gardera de cette année 2016 que les souvenirs des querelles entre les partis et au sein d’un même parti, des dissensions et des luttes traitres entre les éminences politiques qui auront fini par décourager et désespérer tous les tunisiens. Sans oublier la sensation de frustrations que garderont les tunisiens de cette année, à cause de certaines coalitions et consensus contre nature, entre des partis politiques que tout devrait opposer, mais que certains intérêts personnels ont fini par regrouper contre l’intérêt national. Ces unions contre nature, mais surtout, à l’encontre des promesses faites, ont été perçues comme la pire des traitrises à leur égard.Sur le plan financier, notre fiasco est tellement flagrant, qu’il serait, à la limite, inutile d’aborder, encore une fois le sujet, et d’en revoir les détails. Nous avons, en effet, vécu une année catastrophique sur le plan financier. Et le pire, c’est que les décideurs, au lieu de remédier à cette situation en allant chercher les richesses là où tout le monde sait qu’elles sont ; c’est-à-dire dans les poches de ceux qui ont dévalisé les caisses du pays, se sont rabattus sur le pauvre citoyen pour le plumer encore davantage et le laisser, une fois pour de bon, sur le carreau. Et comme le tunisien n’est point dupe, il comprend aisément que ce fiasco est directement lié au désastre politique cité précédemment, notamment aux intérêts personnels de certains groupes de pression et de certaines coalitions politiques qui veulent qu’il ne faut pas toucher à certaines personnes et certains clans.Sur le plan sécuritaire, enfin, pour ne parler que de ces secteurs constituant les priorités vitales chez les tunisiens, l’année 2016 aura laissé un arrière goût d’amertume chez les tunisiens, nonobstant les remarquables victoires égrenées contre le terrorisme et le crime de tous genres, par l’appareil sécuritaire et l’armée nationale. Car la fin de l’année vit le départ du principal instigateur de ces succès, bien évidemment, sous la pression de certaines parties politiques (toujours les mêmes incriminées dans tous les maux de la Tunisie), faisant renaitre chez les tunisiens un sentiment de peur intense et d’avenir incertain. Sentiment qu’ils avaient cru avoir dépassé. De même, les tunisiens sont en train de voir tout un scénario se jouer devant leurs yeux, qui n’a d’autre objectif que d’éjecter l’autre principal acteur de la réussite sécuritaire qu’est le ministre de l’intérieur, toujours sous l’impulsion des mêmes groupes de pression.Donc, et pour revenir aux prévisions pour 2017, il semble bien que la cause qui avait généré les catastrophes de 2016, et qui a été à l’origine de tous les maux, c’est-à-dire la médiocrité de notre classe politique, est toujours là, et empire de plus en plus. A laquelle il ne faudra pas oublier d’ajouter les autres facteurs de risque en rapport avec la situation sécuritaire, nationale, mais aussi internationale, qui n’attend que d’exploser à n’importe quel moment, surtout avec le retour annoncé de nos enfants prodigues qui représentent l’Islam fâché. De ce fait, on voit bien qu’il est vraiment déplacé de parler d’optimisme pour cette année qui débute, ou de prétendre qu’elle sera celle du décollage.Alors qui nous parle d’optimisme dans cette phase, où rien n’est plus sûr et rien n’est plus clair ? Quoique, réellement, il y a bien UNE raison de garder une lueur d’espoir dans ce noir quasi-total. Et cette lueur, notre classe dirigeante et nos leaders n’ont rien à voir avec elle, puisque, la seule lueur d’espoir qui nous reste, en ces moments de détresse, et la seule certitude qui nous réconforte, c’est la valeur sûre de notre valeureuse armée, véritable rempart infaillible qui restera dressé contre les périls aussi bien extérieurs que venant du sein même de notre société. Notre armée reste, en effet, notre seule lueur d’espoir pour cette année et pour celles qui viendront. Notre seul espoir et notre planche de salut. Une armée qui a su s’aligner du côté du tunisien et qui a su le défendre et qui continuera à le faire malgré tout.Alors, là, oui ! Gardons espoir… et croisons les doigts !
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