La menace de Daech persiste en Libye malgré sa défaite Syrte

Six mois après l’offensive des troupes gouvernementales libyennes à Syrte, Daech (Etat islamique) a été vaincue avec la prise totale de la ville qui avait servi pendant plus d’une année de bastion à l’organisation terroriste dans la région.
Une victoire qui a été saluée par de nombreux pays dans le monde comme un grand pas vers la stabilisation de la Libye en proie à l’agitation et au chaos sécuritaire 5 ans après la chute de Kadhafi en 2011.
Une défaite qui laissent des interrogations  sans réponses 
De nombreuses interrogations restent en suspens après cette défaite de Daech à Syrte notamment ses répercussions sur la situation intérieure et la sécurité des pays du voisinage en particulier  la Tunisie, l’Algérie  et l’Egypte  qui ont  énormément souffert de l’insécurité et du terrorisme qui a prospéré  en Libye.
Dans le contexte de l’absence de l’Etat et d’une autorité forte comme en témoignent les récents affrontements armés à Tripoli entre milices rivales, la débâcle de Daech à Syrte aura une portée limitée sur l’amélioration de la sécurité en Libye, selon des analystes.
En plus les combattants et certains dirigeants de Daech en Libye ont fui dès le début de l’offensive en mai dernier se réfugiant dans de vastes étendues désertiques dans le sud libyen et vers l’ouest aux frontières avec la Tunisie.
Ces fugitifs constitueront des cellules dormantes qui pourront être réactivées au besoin et même servir de noyau pour une nouvelle armée de Daech qui harcèlera la sécurité des villes libyennes et les pays voisins de la Libye.
La présence d’une multitude de groupes armés et milices partout sur le territoire libyen constituera encore longtemps un obstacle pour la normalisation de la vie en Libye. En effet,  ces groupes armés qui n’ont de fidélité que pour leurs chefs , leurs régions et leurs tribus, continueront à servir de source d’instabilité du pays.
Collision entre groupes armés et Daech
La disparition de Daech de la ville de Syrte attisera les appétits de ces groupes armés qui tenteront d’étendre leur influence sur la ville afin d’engranger de nouveaux dividendes et élargir leur pouvoir sur le terrain en Libye.
Au niveau politique, le gouvernement d’union nationale dirigé par Fayez al-Sarraj et reconnu par la communauté internationale, pourrait redorer son blason auprès des puissances occidentales qui le soutiennent  en tirant sur lui la couverture de cette victoire car il a été à l’initiative de cette offensive contre Daech à Syrte.
Toutefois, le gouvernement n’a pas réussi à unir ni à fédérer les Libyens autour de la guerre contre Daech  et le terrorisme de manière à surmonter les divergences politiques entre les protagonistes libyens.
La notion même de terrorisme est perçue différemment par les Libyens qui s’accusent mutuellement de servir le terrorisme  tandis que la ligne de démarcation entre certains groupes armés d’obédience islamistes et les djihadistes est très fine.
De nombreux groupes armés et milices en Libye  sont proches de l’idéologie de Daech et peuvent basculer facilement dans le terrorisme  sans aucune gêne. D’ailleurs de nombreuses attaques terroristes qui ont ciblé la capitale Tripoli ont été revendiquées au nom de Daech.
Ainsi , le danger du terrorisme demeure en Libye en dépit de la défaite de Daech à Syrte vu que les ingrédients existent toujours pour le favoriser. Outre, l’ancrage de islamisme comme idéologie dans les groupes armés en Libye, le chaos sécuritaire et la faiblesse de l’Etat, constituent des facteurs qui entretiennent le danger terroriste.
Les impacts sur les pays voisins
Cette réalité a fait que la Tunisie qui subit les contrecoups de la situation sécuritaire en Libye, a tiré la sonnette d’alarme et exhorté la communauté internationale à prendre ses responsabilités pour venir au secours de la Libye.
Le ministre tunisien des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui à dernièrement demandé à « la communauté internationale de prendre les mesures nécessaires pour sauver la Libye des risques de persistance et d’aggravation de la crise », insistant sur le fait que « l’absence continue de l’autorité de l’Etat en Libye risquerait d’avoir un impact négatif direct sur la Tunisie et sur l’ensemble des pays du voisinage, du bassin méditerranéen et de l’Europe ».
Les pays européens sont particulièrement invités à fournir davantage d’efforts pour convaincre les protagonistes libyens de la nécessité de faire des sacrifices communs, a ajouté le ministre cité par l’agence de presse TAP.
Khemaies Jhinaoui a affirmé à cette occasion la détermination de la Tunisie « à rassembler les libyens, quelque soit leur appartenance, et à les inciter au dialogue afin de parvenir à un accord sans ingérence dans leurs affaires internes ».
A noter que c’est toujours la logique de guerre qui prédomine en Libye où les différentes parties veulent en découdre par les armes. La récente attaque contre les terminaux pétroliers dans la région du Croissant pétrolier dans l’Est du pays en est une preuve élégante  alors que la région a connu une relative accalmie après la prise des ports pétroliers par les troupes de l’armée nationale dirigée par Khalifa Haftar.
Comme quoi la fin du conflit en Libye n’est pas pour demain!

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