Un moine nonagénaire de Keur Moussa désormais  »trésor humain vivant »

Keur Moussa (Thiès), 19 nov (APS) – Le frère Dominique Catta du monastère Keur Moussa, dans le département de Thiès (ouest), élevé samedi au rang de ’’trésor humain vivant’’, un titre récompensant son œuvre ayant notamment permis de révolutionner la kora, une harpe-luth d’origine mandingue.
Le ministère de la Culture et de la Communication, à travers frère Dominique Catta, tient à distinguer les moines de Keur Moussa, dont l’œuvre « monumentale » a contribué à révolutionner la kora, a déclaré Mbagnick Ndiaye, en charge de ce département ministériel.
L’UNESCO, par l’adoption de la convention 2003 relative à la protection du patrimoine culturel immatériel, a reconnu les trésors humains vivants comme des personnes possédant un « haut niveau » de connaissance et de savoir-faire, a-t-il indiqué.

Ce système des « trésors humains vivants », adopté par le Sénégal en 2006, se pratiquait déjà au Japon dans les années 1950, ainsi qu’en France sous l’appellation « les maîtres d’art », a rappelé le ministre de la Culture et de la Communication.

Selon lui, « les trésors humains vivants » représentent « des acteurs stratégiques de transmission du savoir », en ce qu’ils « participant au plus haut point à la préservation et à la valorisation du patrimoine culturel d’un peuple ».

L’œuvre musicale de l’atelier de lutherie de Keur Moussa entre donc dans la catégorie des trésors humains vivants, relative à la musique, au chant, aux contes, au théâtre et à d’autres disciplines de même type.

La kora « reste sans aucun doute l’instrument de musique le plus répandu dans le monde, comme l’atteste le relevé des koras KM fabriqués par Keur Moussa dont 80 sont vendus en Amérique du Nord, 942 en Europe, 899 en Afrique (…) », a renseigné Mbagnick Ndiaye.

« Le frère Dominique Catta, au cours de sa longue vie passée au Sénégal, a sans cesse puisé dans les trésors musico-traditionnels du continent africain une inspiration qu’il a mise au service de l’église pour honorer Dieu », a pour sa part retenu le père supérieur du monastère Keur Moussa, l’abbé Ange Marie Niouky.

Plusieurs distinctions ont été décernées au frère Catta pour ses services rendus à la musique sacrée depuis 50 ans. « Cette distinction qui s’ajoute à d’autres fera de lui un trésor humain vivant », a-t-il souligné.

Le récipiendaire vient de célébrer ses 90 ans mais continue jusque-là son ministère consacré au chant sacré sur la terre du Sénégal, qu’il dit affectionner particulièrement et où il vit depuis 1963.

 

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