« Aucun pays n’est à l’abri d’un génocide » (fonctionnaire onusien)

+++De l’envoyée spéciale de l’APS : Mansoura Fall+++New York (Etats-Unis),16 nov (APS) – Adama Dieng, conseiller spécial du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour la prévention du génocide a soutenu, mardi à New York, qu’aucun pays n’est à l’abri du génocide, insistant sur l’importance de lutter contre la propagation des discours de haine. »Le mot génocide fait souvent très peur, (…) Mais dans mon mandat, le mot clé c’est la prévention car aucun pays n’est à l’abri d’un génocide ou de crime contre l’humanité ou de crime de guerre » a-t-il dit à des journalistes venus couvrir les travaux de la présidence sénégalaise du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU).Il a donné comme exemple le massacre de Srebrenica survenu en juillet 1995 où plus de 8 mille bosniaques musulmans ont été assassinés en Bosnie-Herzégovine.Selon M. Dieng, « ces hommes ont été tués parce qu’ils sont musulmans, ils n’ont pas été tués pour ce qu’ils ont fait mais pour ce qu’ils sont. Et donc nier à un être humain son identité c’est lui nier sa dignité ». »C’est la raison pour laquelle le 9 décembre 1948, l’ONU a adopté la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide et qui était une réponse à ce qui s’est passé durant la deuxième guerre mondiale avec près de 6 millions de juifs tués » a-t-il expliqué.Les prémices de ces génocides commencent, a-t-il relevé, par la « déshumanisation ». « Lorsqu’on nomme quelqu’un par un nom d’animal (…). C’est le début de la déshumanisation et les mots peuvent tuer plus que les balles » a poursuivi le fonctionnaire international. »Le discours de haine est quelque chose qu’il faut surveiller de très prêt et le dénoncer dès qu’il commence » a fait valoir Adama Dieng avant de souligner importance du rôle des médias dans la prévention de l’incitation à la violence.Il a ainsi rappelé le « danger » qui existe chez les leaders politiques qui tiennent ce type de discours dont le but est de « diffuser le sentiment de crainte » auprès des populations. »Il faut combattre systématiquement le discours de haine, le discours éthniciste et le discours anti-religieux » a-t-il souligné, relevant l’importance que les leaders religieux peuvent jouer dans cette prévention.Il a ainsi initié un projet sur le rôle des leaders religieux dans la prévention contre l’incitation à la violence dont la première réunion a eu lieu à Fez, au Maroc.Une série de forums du même genre s’est déroulée en Europe et aux Etats-Unis et la prochaine rencontre va regrouper les 6 et 7 décembre à Bangkok (Thaïlande) les leaders religieux sous le même thème.Le 9 décembre prochain sera une journée de commémoration internationale des victimes de génocide a rappelé Adama Dieng.

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