Conférence publique à la Maison de la Presse : Constats de dérives et propositions de mesures pour combler certaines failles du dispositif juridique

Dans le cadre de la 3ème édition de la Journée nationale de la liberté de la presse célébrée, hier mercredi 30 novembre 2016, une conférence publique a été organisée à la Maison de la Presse.

Cette conférence a été animée par M. Abdoulaye Moussa Massalatchi, premier président de la Maison de la presse et membre fondateur du premier organe d’autorégulation au Niger, l’Observatoire National des Médias pour l’Ethique et la Déontologie, et M. Saidou Arji, membre du Réseau des journalistes pour les Droits de l’homme et consultant. On y notait la présence du président du CSC, de la ministre de la Communication, de la Secrétaire générale du ministère de la Communication, des responsables des organes de presse publics et privés, ainsi que de nombreux autres auditeurs.
Cette conférence publique, comme vous pouvez le deviner, a été très riche en enseignements sur les dérives observées dans le paysage médiatique national et qui risquent, si des mesures appropriées ne sont pas prises, d’émousser tous les efforts consentis par les vrais professionnels des médias en vue de donner au métier de journaliste toutes ses lettres de noblesse.
Le premier conférencier, M. Abdoulaye Moussa Massalatchi, s’est longuement appesanti sur l’importance du respect des règles de l’éthique et de la déontologie du métier de journalisme. Ce qui l’a amené à reconnaitre les énormes manquements observés à travers les colonnes des médias nationaux, du fait en partie, d’une certaine propension à abuser des dispositions de l’Ordonnance n°2010-35 portant Régime de la liberté de presse, notamment celles relatives à la dépénalisation des délits commis par voie de presse.
Pour sa part, le conférencier M. Arji s’est penché sur le thème de « Six ans de dépénalisation : quel bilan ? ». De fait, les deux conférenciers ont passé à la loupe les avancées et travers de la dépénalisation telles qu’observés par les pouvoirs publics, les journalistes eux-mêmes ou des structures comme Reporters sans frontières.
De nombreux participants ont pris la parole pour enrichir les débats et stigmatiser les dérives de la dépénalisation et ceux qui, autorités ou journalistes eux-mêmes, apportent de l’eau au moulin de ceux qui rêvent d’une « repénalisation » des délits commis par voie de presse.
En définitive, mission a été donnée à la Maison de la presse d’initier le toilettage de l’Ordonnance portant régime de la liberté de la presse au Niger, notamment en révisant le régime de déclaration des publications, en donnant autorité au CSC pour recouvrer les amendes infligées aux organes de presse fautifs, en favorisant la co-régulation entre le CSC et l’ONIMED, en recherchant et proposant des formations de qualité aux journalistes, etc. Ce, en vue de prévenir l’intrusion dans la presse de personnes qui en salissent le nom.
Les participants ont aussi réitéré la nécessité de faire adopter la Convention collective interprofessionnelle en vue de mieux payer les journalistes, d’adopter la loi sur la publicité pour faire mieux vivre les organes de presse, mais aussi de faire adopter le Décret d’application du texte sur l’accès à l’information publique. Ces mesures devraient, de l’avis général, permettre de combattre certaines pratiques qui jurent d’avec une éthique du métier de journaliste.
À propos de l’Auteur
Soulé Manzo (onep)

l’article apparu en premier sur Tamtam website

original article sur Tamtam website

Articles similaires