VIH, une incidence toujours aussi importante chez les jeunes femmes – La Nouvelle Tribune

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Selon les chiffres d’ONUSIDA, plus de 36 millions de personnes vivent avec le VIH, dont la moitié en Afrique -l’Afrique centrale représente 30% de l’ensemble des décès liés au Sida dans le monde-. 18,2 millions des personnes portant le VIH bénéficient de traitements antirétroviraux. De même, de nombreux pays sont sur la bonne voie pour éliminer la transmission de la mère à l’enfant. L’impact sur l’espérance de vie des personnes vivant avec le VIH est aussi remarquable, le nombre des plus de 50 ans portant le VIH a sensiblement augmenté. « Ce qui suppose l’apparition chez ses personnes de maladies chroniques liées à l’âge, en plus du VIH, et implique de ce fait des prises en charges en conséquence », lance Dr Kamal Alami, directeur d’ONUSIDA au Maroc
Seulement, cela diffère d’une région à l’autre. Que l’on soit, en Europe, en Amérique, en Asie ou en Afrique, les personnes infectées ne sont pas égales devant la maladie. S’il est vrai que les moyens de prévention, de dépistage, et de traitement ont évolué de manière extraordinaire, l’accès n’est pas du tout généralisé à toutes les populations. « Nous enregistrons des avancées notables dans la riposte du Sida, mais nous ne constatons pas les mêmes progrès partout », a déclaré à cette occasion Michel Sidibé, directeur exécutif d’ONUSIDA, SG adjoint des Nations Unies, dans un message adressée à la communauté internationale. Et de poursuivre : « Le nombre de nouvelles infections ne diminue pas chez les adultes et le risque d’infection par le VIH reste particulièrement élevé chez les jeunes femmes. » En 2015, 7500 jeunes femmes par semaine ont été nouvellement infectées par le VIH. Cela touche particulièrement les pays du Sud. En Afrique Australe, les filles âgées de 15 à 19 ans représentent 90% des nouvelles infections, pour 74% chez les 10-19 ans en Afrique orientale. On constate également, un taux très élevé en Europe de l’Est et Asie, à cause de l’usage des drogues injectées. L’Iran, le Soudan, le Djibouti et la Somalie enregistrent des taux record.

Selon le rapport d’ONUSIDA, les filles en Afrique subsaharienne sont triplement menacées. Elles sont un risque élevé d’infection au VIH, de faibles taux de dépistage, ainsi qu’une faible observance du traitement. En effet, aujourd’hui, les progrès de la médecine et de la recherche scientifique permettent de contrôler le VIH, mais, il faut faire en sorte que ces progrès bénéficient à tous. « Il faut faire en sorte que les enfants naissent sans le Sida et grandissent sans l’attraper », dixit Michel Sidibé. D’où l’importance de la prévention, laquelle passe par l’accès aux moyens de dépistage et de traitements. Or, la couverture du dépistage reste faible dans certaines régions et pour certaines populations. La région MENA par exemple a une couverture de traitement de seulement 17% contre 60% dans d’autres régions. Cette faiblesse, on la retrouve également chez les hommes. Les statistiques démontrent que les hommes se font moins dépister que les femmes. Partant, l’OMS recommande l’auto-dépistage, qui se fait actuellement dont certains pays et qui permet de limiter les taux de transmission entre partenaires. « L’auto-dépistage permet de doubler la fréquence de dépistage chez les hommes», rapporte le représentant de l’OMS au Maroc.
« Aujourd’hui, nous avons une déclaration politique qui date de juin 2016, avec des objectifs et des cibles claires », a déclaré de son côté le Dr Kamal Alami. Il s’agit selon l’expert des trois 90. Soit 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 90% de celles qui connaissent leur statut bénéficiant du traitement antirétroviral et 90% de celles sous traitement arrivant à la suppression virale. Le but est d’aboutir à l’élimination de l’épidémie en 2030.
3 nouvelles infections au VIH/jour au Maroc
Pour le Maroc, la prévalence du VIH demeure faible (0,1% de la population générale), mais avec une concentration chez les populations vulnérables (professionnelles du sexe, usagers de drogues, homosexuels) et dans certaines régions (Souss Massa, Darâ, Agadir, Casablanca), où ce taux avoisine les 5%. Une particularité qui inquiète les experts. D’où l’importance de stratégie spécifique (prévention, sensibilisation, dépistage, traitement…). Les dernières estimations concertant les nouvelles infections se situent autour de 1200 par an, soit 3 infestions par jour, et le nombre de personnes vivant actuellement avec le VIH serait de 24.000. L’autre particularité du Maroc, c’est que les transmissions sont souvent hétérosexuelles (86%), dont 51% concernant des femmes. Elles l’ont en grande majorité, attrapé dans le lit conjugal ou à travers un partenaire hétérosexuel. Et pour cause, 51% des personnes infectées par le VIH ignorent leur statut.
Selon Dr Aziza Bennani, responsable du service épidémiologie au département de la Santé, le Maroc a réalisé des progrès notables, le nombre de personnes bénéficiant d’un traitement antirétroviral a doublé, passant de 4.047 en 2011 à 9.860 en fin juin 2016, suite à l’adoption des dernières directives de l’OMS et du concept « Tester- Traiter ». Ce qui permis d’élargir cette stratégie aux usagers de drogues. Aujourd’hui, le Maroc dispose de 16 centres de traitements. Toutefois, l’épidémie reste concentrée. 67 % des nouvelles affections ont lieu parmi les populations à risque et dans les mêmes zones.

Sensibiliser pour prévenir
La célébration de la Journée Mondiale du SIDA au Maroc, coïncidera cette année avec l’organisation, par le Ministère de la Santé et ses partenaires des Départements gouvernementaux et de la société civile, de campagnes locales de dépistage du VIH, de sessions de sensibilisation des jeunes et des femmes en âge de procréer, ainsi que de séances de sensibilisation des professionnels de santé sur la lutte contre la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH en milieu de soins, et ce durant la période allant du 1er au 09 décembre 2016.

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l’article apparu sur LTN Maroc

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