L’Iran s’empresse d’entériner l’accord sur le nucléaire

L’Iran et les grandes puissances se sont réunis mardi 10 janvier à Vienne pour faire le point sur l’accord nucléaire conclu en 2015. Cette rencontre, sous l’égide de la Commission européenne, s’est tenue dans un contexte d’incertitude lié à la prochaine entrée à la Maison-Blanche de Donald Trump, qui a vivement critiqué ce texte. 

Cette rencontre au sommet, la quatrième depuis l’entrée en vigueur en janvier 2016 de cet accord destiné à garantir le caractère strictement pacifique du programme nucléaire iranien, a été demandée par Téhéran en décembre. Et cela suite au renouvellement des sanctions américaines. Elle intervient dans un contexte d’expectative alors que Trump, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a durant sa campagne électorale menacé de «déchirer» ce texte. Le nouvel homme fort des Etats-Unis considère l’accord comme un des principaux succès diplomatiques de l’administration Obama. Côté iranien, l’accord a également perdu un soutien symbolique de poids en la personne de l’ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani, décédé dimanche 8 janvier dernier à l’âge de 82 ans. Conclu lors de négociations marathon en juillet 2015 entre l’Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), dans la capitale autrichienne, l’accord prévoit une levée des sanctions frappant l’Iran en échange d’un strict contrôle de ses activités nucléaires.

L’Agence internationale de l’énergie atomique, organe de l’ONU chargé d’en superviser l’application par Téhéran, a jusqu’à présent attesté que l’Iran remplissait ses engagements. La communauté internationale a de son côté levé la plus grande partie des sanctions frappant Téhéran, permettant notamment un retour du pays sur le marché gazier et pétrolier mondial.

Mais début décembre, le Congrès américain a renouvelé pour dix ans l’Iran Sanctions Act (ISA). Le président sortant Barack Obama a autorisé cette prolongation mais s’est abstenu de signer la loi. L’Iran juge que cette prolongation constitue une «violation» de l’accord nucléaire et accuse les Etats-Unis d’empêcher une réelle normalisation de ses relations économiques, notamment bancaires, avec le reste du monde.Les Etats-Unis ont suspendu les sanctions anti-iraniennes liées au nucléaire. Mais ils en imposent d’autres liées au non-respect des droits de l’homme par Téhéran, à son soutien au «terrorisme» au Moyen-Orient et à son programme de missiles balistiques. Ces sanctions pénalisent le secteur bancaire iranien ainsi que les industries de l’énergie et de la défense.
De ce fait, les retombées économiques de l’accord nucléaire ont été beaucoup moins prometteuses qu’espéré par l’Iran. 

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