Magistère d’Ali Bongo : Un 8ème anniversaire sur fond de tensions dans la (…) – Gaboneco

Comme à l’image d’un pays qui vit au rythme d’une crise postélectorale depuis le scrutin présidentiel d’août 2016, la célébration des 8 ans au pouvoir d’Ali Bongo Ondimba aura eu le mérite de mettre à nue, les clivages au sein de la galaxie présidentielle. La sortie de Guy Christian Mavioga, Secrétaire exécutif du Bloc démocratique chrétien (BDC), en sa qualité de Porte-parole de ladite majorité aura été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les vœux souhaités par Mavioga au Président de la république à l’occasion n’ont pas du tout plu au PDG. Et pour cause, le Porte-parole de la majorité républicaine pour l’émergence en identifiant le parti démocratique gabonais comme le principal « danger » pour le Gabon, a invité Ali Bongo à le dissoudre et à créer son propre parti politique.
Un parti qui, selon Mavioga, aurait l’adhésion d’un bon nombre de Gabonais, car les vrais blocages de la politique d’émergence du Gabon, fixé par Ali Bongo à l’horizon 2015 se trouvent au sein même du PDG. Ali Bongo Ondimba devrait donc s’inspirer des démarches des anciens présidents, Léon Mba et Omar Bongo, qui en arrivant au pouvoir en 1960 et 1967, ont crée, chacun son parti. Car le parti démocratique gabonais en l’état actuel n’incarne plus le changement du pays, au contraire.
Le PDG, « c’est de l’ingratitude »
Il ne fallait pas plus pour irriter le PDG qui s’est fendu d’un communiqué virulent contre ce qu’il appelle l’ingratitude de Guy Christian Mavioga crachant dans la soupe nourricière. Dans cette réponse du berger à la bergère, Clémence Mezui, Porte-parole du parti au pouvoir, n’a pas manqué de fustiger la maladresse de Mavioga, qui, malgré le manque de visibilité de son parti ne disposant pourtant d’aucun élu, tire tous ses avantages de sa proximité avec le parti démocratique gabonais. Clémence Mezui appelle donc les militants du PDG à ne pas répondre aux « provocations malveillantes » de Mavioga qu’elle juge « inacceptables ».
Et c’est dans ce contexte tendu que les partis politiques de la majorité, réunis le 20 octobre dernier, appellent les deux parties au ressaisissement. Pour ces partis qui semblent avoir pris le parti de Mavioga, il ne s’agissait nullement pour Mavioga d’insulter le PDG de quelque manière que ce soit. Mavioga, soutiennent-ils, n’a fait que tirer la sonnette d’alarme pour inciter le PDG au travail en tant que parti au pouvoir. Mais l’appel au calme, visiblement aura du mal à ressouder les deux parties qui sont allées jusqu’à la limite de l’insulte.
Le sort de Christian Mavioga semble désormais scellé, à en juger par la violence de la réaction du PDG. Désormais, d’un côté comme de l’autre, au-delà du discours d’apaisement porté par les autres partis de la majorité, quelque chose semble avoir déjà changé dans cette famille politique. Et même si le patron du BDC, avec toute l’humilité que lui recommande sa foi chrétienne venait à s’en excuser, le PDG, visiblement n’est pas encore enclin à accepter la repentance d’une offense publique. Mavioga et le PDG, c’est désormais un mariage difficile.

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