Crise post-électorale : Raymond Ndong Sima, chantre d’un troisième dialogue (…) – Gaboneco

«  L’intérêt national commande d’admettre que le dialogue s’impose comme un passage obligé sans lequel, nous pourrions de nouveau être confrontés aux mêmes écueils lors des prochains scrutins », dixit Raymond Ndong Sima. Après avoir reconnu la réélection contestée d’Ali Bongo lors de la dernière présidentielle à laquelle il a lui-même été un des candidats malheureux, après avoir été accusé par ses pairs de l’opposition de traîtrise pour avoir refusé le principe d’une candidature unique au bénéfice de Jean Ping, l’ancien Premier ministre sort enfin de son long silence pour réclamer, lui aussi, un dialogue inclusif.
Dialogue, qui selon lui sera une thérapie pour conjurer définitivement la « malédiction » post-électorale qui hante le Gabon depuis la première élection pluraliste en 1993.
Raymond Ndong Sima emboîte ainsi là le pas à deux autres anciens candidats à la présidentielle, Guy Nzouba Ndama et Casimir Oye Mba, qui eux, avaient fait le choix d’une candidature unique de l’opposition portée par l’ancien patron de la commission de l’Union africaine. En effet, en juin dernier, Nzouba Ndama et Oye Mba qui font partie de la coalition de l’opposition pour la nouvelle république (pro Ping), avaient crée la surprise en appelant les deux principaux protagonistes de la crise postprésidentielle, Ali Bongo Ondimba et Jean Ping à s’asseoir à la même table et faire la synthèse de leurs dialogues, afin, avaient-justifié, « débloquer le pays ».
En décembre dernier, Jean Ping qui se réclame toujours le président élu du Gabon avait organisé son dialogue avec son équipe. Quelques mois plus tard, entre mars et mai, Ali Bongo Ondimba avait, lui aussi, organisé le sien avec une partie de l’opposition dite conciliante et quelques organisations de la société civile. Pour Ndong Sima, il ne s’agit là ni plus ni moins que des monologues qui sont loin de résoudre la crise politique en cours dans le pays. Il faut donc un dialogue franc et inclusif qui réunisse à la table des négociations, toutes les parties en conflits, l’objectif étant de prévenir, une bonne fois pour toutes, d’ éventuelles crises lors des prochaines échéances électorales.
Un prêche dans le désert
Si l’intention est pourtant bonne, l’appel de l’ancien premier ministre d’Ali Bongo se heurte toutefois à la radicalisation des deux pôles politiques actuellement en vogue sur la scène politique nationale. Et pour cause, l’idée même d’un troisième dialogue politique avait déjà été rejetée aussi bien par Jean Ping, qui refuse de dialoguer avec les « sanguinaires » que par le pouvoir qui croit avoir déjà tenu un dialogue « inclusif. D’un côté, pour Jean Ping, si dialogue il devrait y avoir, ce serait pour négocier le départ du pouvoir d’Ali Bongo qui lui aurait volé sa victoire ; de l’autre, pour la majorité, le dialogue organisé pendant deux mois à Angondje a été placé sous la médiation de l’union africaine, ce qui lui donne de facto, une reconnaissance internationale.
Pour le pouvoir et l’opposition dite modérée, le dialogue s’étant déjà tenu, l’heure est désormais à la mise en application des résolutions qui en ont découlé. Dans cette radicalisation assumée des positions, l’appel de Raymond Ndong Sima apparaît comme une goutte d’eau dans la mer, un prêche dans le désert.

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