MACA : le procès des militaires qui projetaient de libérer les prisonniers renvoyé finalement au jeudi 5 janvier 2017

Le procès  du caporal Madi Ouédraogo et  autres, inculpés pour association de malfaiteurs et détention illégale d’armes à feu et de munitions de guerre renvoyé au mercredi 21 décembre 2016 n’a pas eu lieu. Finalement, le tribunal a décidé de le renvoyer au jeudi 5 janvier 2017 car les avocats commis d’office ont quitté collectivement la salle d’audience après le refus des magistrats d’accéder à leur requête de report de deux semaines.

Hier au cours de l’ouverture du dossier, les avocats de la défense commis d’office avaient demandé au tribunal le report du procès de deux semaines, le temps pour eux de mieux connaitre le fond du dossier. Le tribunal avait refusé cette requête et avait juste concéder un report d’une journée.
Ce mercredi, les avocats de la défense sont revenus à la charge car selon les explications de Me Arnaud  Ouédraogo, l’un des conseils commis d’office, le temps donné par le tribunal (moins de 24 heures) ne les a pas permis de prendre connaissance de l’intégralité du dossier de leur client.
Par conséquent, ils ont demandé « respectueusement » le report à au moins deux semaines de la date du procès car pour eux, il faut absolument sortir du « fétichisme des dates » et « du populisme » afin d’œuvrer à la tenue d’un procès équitable où les droits de la défense sont respectés.
Le commissaire du gouvernement dit ne pas comprendre cette demande des avocats car pour lui, le parquet a pris toutes les mesures possibles pour que les avocats aient accès au dossier dans la journée du mardi. « Nous ne voulons pas rester dans des politiques de tiraillement stérile. Nous ne voulons aucun choc, nous voulons aller au débat… », A indiqué Alioun Zanré, commissaire du gouvernement.
Après suspension de l’audience aux fins de délibérer, le tribunal, à la reprise a rejeté la demande des avocats de la défense et a ordonné la poursuite du procès. Décision qu’à rejeter le conseil des avocats commis d’office.
Immédiatement ils se sont déportés collectivement du dossier et pour marquer leur désapprobation, ils ont quitté la salle d’audience. Constatant leur absence, (seuls les deux avocats choisis sont restés et ils ont refusé de défendre les autres accusés dont les avocats ont quitté la salle), le tribunal a finalement décidé de renvoyer le dossier au 5 janvier 2017 pour la poursuite du procès.
Selon le président du tribunal, une correspondance sera envoyée au bâtonnier de l’Ordre des avocats pour la commission d’office d’autres avocats ou la confirmation des mêmes conseils qui se sont déportés. Une victoire aux yeux des conseils commis d’office pour Me Ouédraogo.
«  J’étais triste, maintenant je souris vous voyez que c’est dans vos micros que nous apprenons que le procès a été renvoyé. Le plus important pour nous était d’avoir le temps nécessaire pour assurer la défense. Nous sommes en matière criminelle et les inculpés encourent la peine de mort. C’est une lourde responsabilité pour des avocats de s’engager pour faire de la figuration dans un procès parce que vous ne rendez pas service à vos clients. Comme le procès a été renvoyé, nous aviserons pour la suite », a indiqué Me Arnaud Ouédraogo à l’issue de l’audience.
Dimitri Kaboré

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