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8 000 cas à Alger: Toute l’actualité sur liberte-algerie.com

Les statistiques présentées lors d’un atelier organisé à Gué de Constantine ne reflètent pas la physionomie d’une réalité amère.

Pas moins de 8 000 cas d’actes de violence ont été perpétrés contre les femmes dans la wilaya d’Alger durant l’année en cours, nous a affirmé Mme Aïcha Benchalabi, la présidente de l’Association pour la protection de la jeune fille, l’APJF, qui s’est exprimée en marge de l’atelier de formation à la lutte contre la violence faite aux femmes, qui s’était tenu durant l’après-midi de mardi à la bibliothèque Ahmed-Ayad, sise à la cité dite Sonatiba au Gué de Constantine, sous l’intitulé “Ensemble, pour une famille heureuse”. Ont apporté leur quote-part à ce rendez-vous de paix au sein de la famille, la wilaya d’Alger, le secteur de la solidarité, de la DJSL, la Sonelgaz, la Sûreté urbaine de Bir Mourad Raïs et la municipalité de Gué de Constantine.  Peut-être bien que les statistiques sont en deçà ou qu’elles soient au-dessus d’une réalité, qu’il est malheureusement malaisé d’évaluer. Et pour cause, les chiffres ne reflètent pas la physionomie d’une réalité amère, où le poids des traditions l’emporte aisément sur l’évaluation absurdement chiffrée : “La lecture des chiffres s’en trouve biaisée, sinon déformée du fait du déficit en matière d’un inventaire réel sur la pléthore d’actes d’agressivité et de crimes sexuels que l’on ne peut consulter auprès de nos hôpitaux, eu égard au secret médical”, a tenu à préciser notre interlocutrice qui revendique un peu plus d’équité dans la diffusion des chiffres et des statistiques qui ne sont pas fait pour rassurer l’opinion publique. “Donc, plutôt que d’aborder le sujet autour d’elles, au contraire, beaucoup de ces femmes battues s’emmurent, par peur ou à cause du regard de l’autre, dans le silence qui concourt à désagréger davantage la cellule familiale”, a ajouté notre interlocutrice. D’où le souci d’être derrière le mot d’ordre “Tous unis” pour dire stop à la violence à l’égard des femmes. Créée en l’an de grâce de 1992 pour dire “plus jamais ça !”, l’APJF se veut un cercle précisément féminin où se réunissaient au jour le jour et autour d’une table ses membres fondatrices du fait de leur statut de victimes. Et depuis, l’activisme se doit d’être de tous les instants pour tempérer un tant soit peu l’ardeur des tenants de la violence sexiste, a déclaré notre interlocutrice qui s’élève ainsi contre les pics grossiers lancés toute honte bue à l’égard de la femme au volant, où elles subissent moult agressions verbales par les adeptes de “la place de la femme est derrière les fourneaux de sa cuisine”.
“Du reste, l’épouse, la mère et la fille ne se sentent nulle part en sécurité, pas même à l’intérieur des fast-foods à l’heure de la pause-déjeuner de la femme travailleuse. Et, comme si cela ne suffisait pas à son malheur, la drague outrancière prend de l’ampleur sur la voie publique, où les quolibets obscènes fusent de toutes parts”, nous on dit les présentes à cet atelier de tous les espoirs. Domiciliée à la cité des 2 450-Logements à l’îlot d’Aïn-Nâadja, le siège de l’APJF est ouvert de 8h à17h, et même les weeks-end, où ces victimes trouvent l’oreille attentive qu’elles n’ont pas dans leurs familles. “Une équipe pluridisciplinaire constituée d’un psychologue, d’un sociologue, d’un psychiatre et d’un avocat font du mieux qu’ils peuvent pour canaliser le désespoir de ces femmes, qui trouvent ainsi la paix de l’esprit qu’elles n’ont pas dans leurs ménages”, a conclu notre interlocutrice.
À ce propos et outre qu’elles soient écoutées, ces malheureuses sont accompagnées par l’avocat de l’APJF, auprès duquel ces infortunées trouvent des conseils juridiques et l’accompagnement idoine pour faire aboutir leurs droits devant les tribunaux d’Alger.
C’est dire que la lutte contre la violence faite aux femmes se doit d’être enseignée à l’école et vulgarisée dans nos mosquées, où le discours misogyne distille la haine contre la mère, l’épouse et la sœur.

Louhal Nourredine

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